tu jettes tes écrits en pâture à tout plein d’inconnus … pâture … à des inconnus … tes écrits … inconnus …
Au fond, c’est vrai … pourquoi ?
C’est quoi cette envie subite qui m’a prise de créer mon blog à moi ?
Je n’écrivais pas pour être lu, j’écrivais pour faire le ménage,
Pour me vider la tête, pour faire sortir toutes ces idées qui s’entrechoquent dans les méandres de mon cerveau, parce qu’à force, parfois, ça empêche de vivre, de cogiter, quand ça s'agite un peu trop vite ça nous fait sauter la marmite,
J’écrivais pas pour être lu, surtout pas par ceux qui auraient dû, c’est trop intimes ce que j’écris, pour être confiés à mes intimes.

J’écrivais pour éponger mes larmes, pour crier ma douleur, pour hurler ma colère, ivre de rage de n’avoir pu le dire, de n’avoir pas oser, pas oser casser l’image que je m’étais donnée, de la fille posée, de l’amie consensuelle, de celle qui souri pour demander pardon.
Pardon de quoi d’ailleurs, pardon d’être née trop tôt ? D’être LA catastrophe ? D’être cette enfant la ?
Devenir incolore, inodore, insonore, faire oublier que je subsiste, surtout qu’on ne me voit pas, qu’on ne m’entende pas, ne pas rire trop fort, et chuchoter tout bas …
Pardon de quoi d’ailleurs ? Juste pardon d’être là …
Ne rien manifester, toujours acquiescer … pour acheter le droit de naître, pour acheter même le droit d’être, pour acheter l'attention, pour acheter l’affection même peut être …
Alors de ne rien dire, j’ai volé le droit d’écrire
Mais pas pour être lu … juste pour écrire les mots qui débordaient de trop
Alors, pourquoi ce blog, pourquoi soudain prendre le risque d’être entendu …
Je n’ai pas donné l’adresse, je me suis crue inaperçue …
Et sont venus ces inconnus, lecteurs éphémères, compagnons d'écritures et jongleurs de mots, qui se sont reconnus et qui m’ont reconnue
Tu vois, c’est ça je crois, mon blog à moi, pas pour montrer, pas pour séduire, pas pour enfin leur dire, juste pour communiquer avec ces anonymes un peu de ma survie …
Ils ne font pas que lire, ils posent leurs écritures à côté de la mienne
Ce n’était pas pour dire, mais c’est pour partager