Quand le pourquoi du blog à moi
Par Pkdille le vendredi 8 juillet 2005, 00:26 - Peccadilles - Lien permanent
Ah oui, qu’elle a dit, t’as un blog toi, et pourquoi faire
?
Comment ça pour quoi faire, un blog c’est pas pour faire, un blog c’est pour
écrire …
Ah oui, qu’elle a dit, pour écrire … mais t’écrivais avant, avant
ton truc de blog là, t’as toujours écris toi, alors pourquoi ?
Elle m’agace … elle m’agace avec ses « pourquoi », je lui en pose des
questions moi à celle là, sur le pourquoi des choses, le pourquoi du comment …
et pourquoi il faudrait un pourquoi à tout, je ne suis pas comme ça moi,
j’réfléchis pas toujours …
Un blog ? Pour être lu … voilà … c’est ça … pour être lu … elle est
imparable celle là … elle peut rien y redire …
Ah oui, qu’elle dit, pour être lu …elle est nouvelle celle là, et
depuis quand t’écris pour ça ? Avant tu hurlais dés qu’on le frôlait
« TON » journal, et maintenant tu jettes tes écrits en pâture à tout
plein d’inconnus …
tu jettes tes écrits en pâture à tout plein d’inconnus … pâture … à des
inconnus … tes écrits … inconnus …
Au fond, c’est vrai … pourquoi ?
C’est quoi cette envie subite qui m’a prise de créer mon blog à moi ?
Je n’écrivais pas pour être lu, j’écrivais pour faire le ménage,
Pour me vider la tête, pour faire sortir toutes ces idées qui s’entrechoquent
dans les méandres de mon cerveau, parce qu’à force, parfois, ça empêche de
vivre, de cogiter, quand ça s'agite un peu trop vite ça nous fait sauter la
marmite,
J’écrivais pas pour être lu, surtout pas par ceux qui auraient dû, c’est trop
intimes ce que j’écris, pour être confiés à mes intimes.
J’écrivais pour éponger mes larmes, pour crier ma douleur, pour hurler ma
colère, ivre de rage de n’avoir pu le dire, de n’avoir pas oser, pas oser
casser l’image que je m’étais donnée, de la fille posée, de l’amie
consensuelle, de celle qui souri pour demander pardon.
Pardon de quoi d’ailleurs, pardon d’être née trop tôt ? D’être LA
catastrophe ? D’être cette enfant la ?
Devenir incolore, inodore, insonore, faire oublier que je subsiste, surtout
qu’on ne me voit pas, qu’on ne m’entende pas, ne pas rire trop fort, et
chuchoter tout bas …
Pardon de quoi d’ailleurs ? Juste pardon d’être là …
Ne rien manifester, toujours acquiescer … pour acheter le droit de naître, pour
acheter même le droit d’être, pour acheter l'attention, pour acheter
l’affection même peut être …
Alors de ne rien dire, j’ai volé le droit d’écrire
Mais pas pour être lu … juste pour écrire les mots qui débordaient de
trop
Alors, pourquoi ce blog, pourquoi soudain prendre le risque d’être entendu
…
Je n’ai pas donné l’adresse, je me suis crue inaperçue …
Et sont venus ces inconnus, lecteurs éphémères, compagnons d'écritures et
jongleurs de mots, qui se sont reconnus et qui m’ont reconnue
Tu vois, c’est ça je crois, mon blog à moi, pas pour montrer, pas pour séduire,
pas pour enfin leur dire, juste pour communiquer avec ces anonymes un peu de ma
survie …
Ils ne font pas que lire, ils posent leurs écritures à côté de la mienne
Ce n’était pas pour dire, mais c’est pour partager

Commentaires
et..et..et pourquoi t'as attendu tout ce temps pour avoir un blog???
ps: je me suis bien marré à la lecture de ce texte.Merci
Personne ne demande pourquoi on fait de la danse, du chant, de la musique, de la poésie...
Il semble naturel de faire du sport.
Alors on blogue pour les mêmes raisons que l'on se met à chanter ou à jouer au water-polo.
Oui ... on blogue pour s'exprimer et ressentir ... et comme tu le soulignes, pour s'amuser aussi
Et puis il eut été dommage que tu gardes tes écrits pour toi, on a trop de plaisir à les lire!
ça c'est gentil ... merci Magali ... je reconnais quant à moi que je prend aussi beaucoup de plaisir à te visiter régulièrement ... (et je révise mon judo !)