J’en ais marre que vous preniez pour prétexte nos hormones pour mettre fin aux discussions houleuses ou pour répondre à nos critiques …
Je supporte plus les commentaires, et les petits clins d’œil complices, t’inquiètes, c’est la « mauvaise période » …
Pire, quand je suis en pleine revendication, ou si je pleurs du fait d’une réflexion, j’y coupe pas :
« Qu’est ce qui t’arrive à toi ? T’as tes règles ou quoi ? »
Même au bureau, ça m’exaspère ce petit ton commisératif de ces messieurs qui s’croient compréhensifs envers la gente féminine, « c’est rien, ça va lui passer, elle est un peu vulnérable ces jours ci »
Je suis pas vulnérable, je pète un boulon ! Et pour de bonnes raisons !
J’ai le droit de m’agacer si la fenêtre est ouverte et de râler si elle est fermée … j’ai le droit de coincer sur un mot déplacé … et même de sangloter pour un bonjour oublié …
J’ai le droit de pas accepter la critique et d’être émue par un compliment … j’ai le droit de rire aux éclats tout en ayant la larme à l’œil … sans pour autant être suspectée de je ne sais quelle fragilité due aux hormones saisonnières.
J’ai le droit d’avoir un sale caractère sans qu’il soit question d’intimité féminine.
J’leur parle d’Andropause à eux, quand ils sont grognons ? Ni du Démon de Midi quand il reluque une p’tite minette ? Je dis rien sur la bedaine qui pousse avec les ans, ni sur la crise de la quarantaine
Nos hormones cycliques ne sont qu’un alibi pour justifier vos maladresses. Parfaitement, VOS maladresses. Y a pas idée de dire des trucs quand y faut pas, ou d’faire des trucs qu’y faudrait pas, ou d’pas les faire quand faut les faire, ou de pas dire les trucs à dire.
Y a pas idée d’être aussi contrariant quand y faut pas.
Comme si trois jours par mois on était « difficile », c’est du n’importe quoi.
Comment ça je suis pénible … je suis pas pénible, c'est toi qui m'enquiquine, regarde comment tu m’ parles …
Et tu sais ce qui m’énerve le plus avec ta p’tite phrase à la con ?
C’qui m’énerve le plus, c’est quand tu as raison …