texte optionnelEpuisée de se taire
Epuisée de crier
Comme un grand vide
Comme un grand vide qui déborde
Et coule en moi,
Et tue en moi,
Toute entière rongée,
Toute blessée de solitude
Et d’inutilité.
Un bloc de glace qui écrase la tête.
Comme un boulet dans la gorge,
Comme des larmes qui ne peuvent pas couler,
De trop d’eau contenue,
De trop d’eau retenue
Qu’on tousse
Qu’on crache,
Et qui vous colle à l’âme,
Et qui ne s’arrache pas ….
Si fatiguée de ne savoir le dire
Trop lessivée pour pouvoir l’écrire
Comme un regard qui parle
Que personne n’écoute
Abandonnée au milieu de leurs rires
Entière recroquevillée
Pour se faire oubliée
Ne plus bouger
Ne pas déranger
Se fermer tout profond dedans
Toute petite en soi
Pour mieux s’insinuer
Parce que plus assez de force
Pour pousser la porte
Une rancœur qui s’entasse
Qu’on ne veut pas voir
Qu’on ne veut pas croire
Comme on ne pardonne pas
D’être si négligeable
D’être toute palie
Toute palie devant lui
Sans couleur
Inodore et sans saveur
Sans valeur
Et se glisse la rancoeur
D’être dans le silence
Un grand silence de bruits
D’angoisses aussi
De terreurs et de cris muets
Un vaste silence de nuit
Qui n’en fini plus de finir
Le temps qui tourne
Et retourne
Dans les draps fripés
Imprégnés d’ennuis