Quand le viol devient banal
Par Pkdille le mercredi 30 novembre 2005, 11:39 - Prises de tête - Lien permanent
Attention, ce billet est un peu "cru" et je ne voudrais choquer personne ... âmes sensibles (ou très jeunes) s'abstenir ...
La Sud-africaine Sonette Ehlers a inventé un préservatif féminin dont les « épines » se plantent dans la peau du pénis du violeur. Le RapeX, une fois commercialisé, entend ainsi protéger les victimes des maladies sexuellement transmissibles, faire reculer le nombre faramineux de femmes agressées chaque année et confondre les auteurs des crimesCe dispositif de sécurité, qui ressemble à un tampon creux à l’intérieur, est fait de latex et de plastic, il est à usage unique se place, comme un tampon hygiénique, à l’aide d’un applicateur spécial. L’agresseur ne sent rien en pénétrant le vagin, mais la première fois qu’il tente de revenir en arrière, il est accroché : le plastic est taillé en pointes très pointues et courtes qui agrippent la peau de son pénis.
Dés que le pénis est accroché, la douleur est si vive que le violeur ne s’occupe plus de sa victime. Elle peut donc s’enfuir car le préservatif est sorti de son corps. Mais le violeur, qui souffrira beaucoup et ne pourra plus uriner tant que le «dispositif» ne sera pas retiré, sera obligé de se rendre à l’hôpital ou chez la police.
Cette nouvelle me laisse un sacré goût amer …
D’abord, ce dispositif un peu barbare (la photo me fait un peu froid dans le dos) ne protège pas du viol, puisqu’il ne fonctionne que lorsque le pénis entre dans le vagin.
L’irréparable est donc bien commis et en tout cas le traumatisme, lui, est bien là.
Ensuite, il me vient une question un peu provocatrice, mais entre nous, il y a plusieurs formes de viols, on fait quoi pour le viol anal ou oral ? (Je me refuse à envisager de mettre un truc pareil dans tous les orifices éventuels)
Et puis, on peut être violeur ET intelligent, voir prudent.
Qu’est ce qui va l’empêcher de «tester» avec un objet pour voir si sa victime porte ou non un «attrape violeur», et de passer à l’acte après avoir désamorcé le piège ?
Et s’ils sont plusieurs ? J’ose à peine imaginer ce que les autres pourraient faire pour venger leur camarade pris au piège !
Mais, ce n’est pas ce qui me perturbe le plus.
Ce qui me gène vraiment, c’est l’instauration de l’idée que le viol est suffisamment banalisé, si inéluctable que les femmes doivent devenir responsables de leur propre sécurité.
Qu’il ne s’agit pas de modifier le comportement des hommes, mais de changer celui des femmes, et qu’elles doivent agir dorénavant en victime potentielle en portant un piège au cœur même de leur intimité.
A quand l’assurance anti viol avec prise en charge des frais médicaux et de justice, suivi psychiatrique, capital décès en cas de contamination mortelle, et même, pourquoi pas, capital éducation pour l’enfant éventuel.
Je croyais bêtement jusqu’à ce jour, que la lutte contre ces actes là passait par l’éducation que les mères devaient donner à leur fils, dans le respect de l’autre, dans une certaine vision de la sexualité, dans une certaine «humanité» aussi.

Commentaires
Nous les femmes avons encore pas mal de boulot , sans aller aussi loin que l'Afrique du Sud, il n'y a qu'à voir le traitement médiatique du procès du "Chat" en ce moment à Bordeaux, je suis effarée d'entendre les journalistes repéter à quel point ce type est un bon père de famille et un bon collègue, le fait qu'il ait violé 37 femmes devient anecdotique à les entendre.
En plus pôur en revenir à cet horrible machin anti-viol, je suis sûre qu'il y aurait bien un violeur assez pourri et qui se serait fait choper dans ce truc pour trainer sa victime en justive et un magistrat assez mysogine pour lui donner raison.
Enfin l'éducation en la matière devrait commencer par les femmes elles-mêmes...
Oui, cela punit le violeur mais la victime est traumatisée quand même...
Je suis assez sceptique face à ce genre de dispositif. Je crois qu'on prend le problème à l'envers... Lutter contre les viols, ce n'est pas demander aux femmes de se protéger...
Mais sans aller aussi loin, je suis d'accord avec Estelle pour dire qu'un gros travail est à faire chez nous... et en Europe, puisqu'on est en train de la construire... Car déjà dans les 25 pays membres, le viol n'est pas considéré de la même façon. Ainsi, si en France, cela relève d'un crime, et que c'est jugé aux Assises, dans d'autres pays européens, c'est à peine inscrit au code pénal ! Et très peu de femmes portent plainte !
Et moi, je crois que ce ne sont pas les femmes qui doivent éduquer leurs fils, mais les pères qui doivent le faire. C'est par les hommes que les choses changeront. J'en suis persuadée.
Juste une petite réaction à chaud sur le dernier paragraphe.
je crois Maryne, que tu oublies la maladie et que dans certains cas (je ne pourrais pas dire beaucoup) il s'agit de malades et dont l'éducation n'a rien a voir dedans.
Et si il s'agit d'un problème d'éducation. Je ne crois pas que ce soit plus à la mère de donner l'éducation qu'au père. Et dans l'époque actuelle ce serait même plus au père de donner l'exemple.
Sur le fond de la banalité, je suis d'accord avec toi, mais il y a quelque chose qui me tarabuste dans ton propos comme je ne saurais pas bien l'exprimer je reviendrais plus tard.
Estelle, conernant le procès du chat, je préfère retenir qu'on pointe qu'il n'y a pas une tête de l'emploi et que justement cet homme avait sans doute reçu une bonne éducation...
La perversité n'a pas de visage.
Tout ce qui est dit ici est vrai. Le mammouth n'en ajoutera pas plus.
Il faut seulement considérer, le taux effrayant de viols impunis en Afrique du Sud et de femmes contaminées par le SIDA.
En l'occurence, il faut voir là, juste un moyen désespéré de se protéger dans l'urgence.
Ces femmes n'ont pas les moyens de théoriser leurs peurs .
C'est surement tout ce qu'il faut y voir.
Est ce que c'est un moyen de se protéger ou tout simplement de punir immédiatement ce qui resterait impuni sinon?
Moi, je vois une question qui n'a pas été posé ici... l'invention de ce dispositif est certes préventif, mais comme le dit maryne, est-ce le début de la banalisation du viol ? Est-ce aussi courant pour qu'une femme qui se balade dans la rue ait pensé à mettre ce machin (qui a un aspect que même mon imagination n'aurait aussi fabriqué) ? Franchement, en tant que femme, lorsque je sors, je ne me dis pas : "tiens, je vais mettre un anti-viol au cas où je me ferais violer!" On y pense pas, et encore heureux, ou alors l'heure serait vraiment très grave, et ce serait toutes les valeurs de nos sociétés qu'il faudrait remettre en question !
J'ai vu çà il y'a quelques mois,Maryne.
Le viol est commis a quel moment?
La violence au départ n'est-elle pas un viol...?
Combien de femmes sont violentés sans être pour autant violer dans le sens premier du terme?
Les séquelles ne sont-elles pas les mêmes in fine...?
C'est une femme qui a mis au point ce que j'appelerai moi,une connerie,on est jamais aussi bien servi que par soi même. Et cette personne ne fait pas avancer la cause des femmes en général.
Juste une bonne pub...
Ah oui pour la petite histoire,le viol en Afrique du sud est très élevé...
Mais bon faire baisser le viol par ce "contraceptif"
et pour moi,une bétise sans nom.
Tiens, ça me fait penser à un truc marrant lu sur www.bashfr.org/?sort=top5... :
(extrait d'un chat)
<VagHalam> Aujourd'hui je crois bien que j'ai évité un viol
<Fargo> Wow balèze ta fait comment ?
<VagHalam> J'ai réussi à la convaincre finalement ^^
Magali,
je peut te le dire parce j'ai bossé 6 ans avec des délinquants notamment "sexuels", aucun d'entre eux n'avait "la tête de l'emploi" ni n'était particulièrement pervers. Ce n'est pas le traitement judiciaire dans le cas du "Chat" qui m'interpelle ce sont les propos de certains journalistes à son propos qui minimisent ses actes en faisant de lui une "victime de ses pulsions". Ce type n'est pas une victime ni un malade mental ni un pervers et c'est bien çà le plus difficile à comprendre.
Estelle, si le "Chat" n'est pas "une victime ni un malade mental ni un pervers", je ne pense pas non plus qu'on puisse le considérer comme ayant un comportement "normal", comment pourrait on le qualifier alors?
Pour ma part je dirais que ce type est un détraqué, mais pas un fou ...
Je veux dire par là qu'il est responsable de ses actes et qu'il sait parfaitement ce qu'il fait, qu'il tire du plaisir à faire du mal, à transgresser la "morale" et que cela lui apporte même une sensation de pouvoir sur l'autre ...
Je n'ai jamais dit que le "Chat" avait un comportement "normal".
Je trouve simplement dangereux que parce que ses actes sont "anormaux" on le taxe immédiatement de "malade" ou de "fou".
DB, tu m'as tué avec ton lien. J'ai tellement mal au bide que j'peux plus bosser. J'crois que j'vais rentrer chez moi.
Peut être que la nana qui a inventé ça l'a fait non pas pour éviter le viol car effectivement ça n'empêche rien...mais plutôt pour éviter qu'un viol reste totalement impuni...car à défaut d'être attrappé et jugé, le violeur sera au moins mutilé et ne recommencera peut être pas...enfin sauf comme le dit Maryne dans le cas où il s'agirait de viol collectif ou viol avec objet.

En tous cas l'effet pervers de cet engin c'est effectivement la banalisation du viol j'en conviens...à ce rythme, excusez moi de vous choquer ....mais faudra t il mettre des laisses et des puces à nos enfants pour pallier aux kidnapping ? des armures pour pallier aux viols de pédophiles ?
Ou encore dans un autre style, devrons-nous tous nous promener avec des casques et des bombes anti-agressions pour lutter contre la violence ?
Enfin bref..on pourrait en faire toute une série comme ça.
Ce n'est que déplacer le problème..ou plutôt ne pas y répondre et encore une fois laisser les victimes ou potentielles victimes se démerder toutes seules.
On peut toujours espérer qu'une autre femme aura un jour le pouvoir de faire mieux
Réponse à Yvon : il faut être homme pour dire cela.
Le viol est une violence insupportable faite aux femmes, dans le chair et dans leur tête.
Quand, dans un pays, il n'y a pas de réponse sociale, culturelle ou politique à une violence faite sciemment parce qu'accomplie dans l'impunité, on peut comprendre la réponse à son tour violente ou désespérée. Voire excuser. Car des deux protagonistes, un a le choix de ne pas passer à l'acte : c'est l'homme.
C'est vrai...
C'est rassurant de voir que certains hommes pensent comme les femmes le souhaiteraient ...
Ah cher Mammouth tu exprimes ce que je n'arrives pas à dire.
je ne disais pas que tu avais dit qu'il avait un comportement "normal", je te demandais si tu avais un mot pour définir son attitude car j'ai du mal à ne pas le considérer comme un pervers. Abuser des femmes dans la violence ou sous la menace, y'a un bien un terme qui définit ce type de "déviance", non?
Estelle,
Maryne, je suis pas sûre que détraqué soit le terme qui convient.
Enfin on est toutes d'accord que cela ne devrait pas exister!
Mais quand on sait qu'on court le risque tous les jours comme c'est peut être le cas dans certains pays, c'est peut être un moyen de se rassurer, je sais pas.
juste une précision car le viol est "banal", depuis la nuit des temps les hommes ont su abuser de leur supériorité physique, aussi en france il y a caque année 25 000 viols de femmes et le france n'est pas pas du tout mal lotti. selon des études très sérieus comprenant la globalitée des peuples de le planètes, 1/3 s'est fait ou se fera violée. 1 tiers! pour vous rendre compte,c'est simple; prenez 3 copines, soeurs, tantes..et imaginez vous qu'une d'elle va se faire violer. je penses que pour lutter contre le viol il ne faut pas qu'il soit tabou, IL FAUT EN PARLER !!!!!
Excellent ton blog!.Si tu es d'accord,je suis prêt à faire un échange de liens...
Ca doit faire encore plus mal pour les juifs circoncis, lol !! Très bonne idée que la capote qui tue !
"La Sud-africaine Sonette Ehlers a inventé un préservatif féminin dont les « épines » se plantent dans la peau du pénis du violeur."
J'y réfléchirais à trois fois avant de tirer la Sonette ...
J'ai lu un article sur le sujet. Comme dans beaucoup de situations, il est dur d'avoir un avis tranché. D'un côté, il y a un pays, l'Afrique du Sud, dans lequel le viol est un fléau d'envergure, un pays où la population et en particulier la communauté noire , si je me souviens bien, est très touchée par le SIDA. De l'autre côté, ce n'est pas la solution qu'on voudrait.
Alors, se dire "un viol c'est ignoble" (ce qui est vrai et encore, je voudrais trouver un mot plus fort), d'accord, mais je pense qu'on peut comprendre les Sud-Africaines qui investiront dans ce type d'"outil", sans oublier que ce seront sans doute les plus privilégiées qui pourront se le payer. Et la commercialisation d'un tel dipsositif n'empêche par ailleurs de se battre pour que le viol soit puni en Afrique du Sud ou ailleurs.
En parlant de peines, j'ai toujours été surprise de la faiblesse de celles qu'encourent les violeurs, même en France. Certes, ce n'est pas un meurtre (un meurtre psychique parfois quand même...), mais j'ai l'impression qu'il est moins grave de piquer un truc que de violer une femme. C'est choquant.
Heureusement, dans les pays occidentaux, les mentalités ont suffisamment évolué pour que les agressions sexuelles soient considérées comme des crimes graves et non plus comme de simples délits qu'on jugeait en correctionnelle et dont la peine encourue dépendait bien souvent... de la vie privée de la victime (le viol d'une chaste vierge ou d'une honnête mère de famille était autrefois jugé bien plus sévèrement que celui d'une célibataire aux moeurs libres) ; il suffit d'ailleurs de lire "Regain", de Giono, pour voir avec quel indifférence pouvait, au début du XXème siècle, être considéré un acte aussi abominable qu'un viol collectif. Il n'y a pas si longtemps que, en France, ce genre d'affaire est jugée aux assises.
En ce qui concerne les pays d'Afrique, je comprends les femmes qui investiront dans cet ustensile, même si les objections de Maryne sont également fondées : le supplice de la victime risque d'être encore plus abominable si ces pourritures sont plusieurs ! D'un autre côté, si l'agresseur est seul il n'aura, de mon point de vue, que ce qu'il mérite (en espérant même qu'il demeure mutilé à vie) et, de plus, le fait qu'il doive se rendre à l'hôpital favorisera peut-être son identification par la police. Et je suis d'accord avec le Mammouth : si la loi ne protège pas ces femmes, alors il faut bien qu'elles se protègent elles-mêmes !
En ce qui concerne le "chat", je ne connais pas cette affaire mais, d'après ce que vous en dites, il semblerait qu'il s'agisse d'un sociopathe. Dans ce cas, il ne serait en effet pas "fou", au sens psychiatrique du terme. Je vous renvoie à ce sujet à deux très bons livres :
- "L'intelligence émotionnelle", de Daniel Goleman, où un passage est consacré aux individus plus ou moins incapables d'empathie pour des raisons peut-être neurologiques et innées (ce qui ne diminue pas pour autant leur culpabilité).
- "Comment gérer les personnalités difficiles" de Christophe André et François Lelord. Un passage est consacré aux personnalités antisociales dont certaines formes extrêmes finissent au tribunal pour des faits monstrueux de ce genre.
en tant que femme qui a été violer, je préfère qu'il y ai pénétration une fois et que le violeur s'en aille, plutôt que tout ces va-et-vient qui nous meurtris à chaque poussé.
Mais je reste d'accord sur certains points, comme le fait qu'ils puissent être plusieurs. Moi, il n'y en avait qu'un, mais à plusieurs je n'ose pas non plus imaginer ce qui se passerait pour venger le premier.