Je ne connaissais pas l’univers des blogs et ne fréquentais pas de bloggeurs.
Je ne soupçonnais même pas l’existence de blogosphères (d’ailleurs je ne sais même pas comment s’orthographie vraiment ce terme).
J’étais plutôt de celles qui écrivent sur des carnets de route, des blocs notes, des versos de circulaires qui traînent …
J’écrivais dans les transports en commun.
Ça m’inspire les transports en commun, quand je bouge immobile, et que seule demeure l’attente, ma tête erre et ma raison s’évade.

Je les perdais ces lignes, d’où l’envie de les répandre en ligne.

Pas vraiment consciente d’être lu, peut être le goût inconscient d’être parcouru.
En tout cas la frénésie d’écrire au début.
De raconter tout ce que je ne dis pas, de traduire tous mes silences.
D’oser enfin me livrer sans la peur de blesser ou celle de trop dévoiler mes fragilités.
J’écrivais presque quotidiennement, presque à plein temps.

Aujourd’hui, ma plume cours de nouveau sur les carnets de route délaissés.
Je ne sais pourquoi mes pensées ont repris les chemins de traverse, les routes secrètes de mon intimité re-deviennent portes dérobées bien cachées.
De chroniqueuse je suis devenue lectrice …

Je tisse des liens avec des inconnus qui me deviennent familiers.
Ils envahissent mes ressentis, je me réjouis de leurs bonheurs, je m’attriste de leurs soucis, je me permets même d’avoir un avis !
Je «commente» à tout va … parfois même je m’investis …
mais ce temps consacré à la blogosphère est il un enrichissement ou une échappatoire ?
Est-ce une évasion ou une fuite ?
Est au détriment de ma vie et de mes amis ?

Depuis quelques mois mes «rencontres» se font virtuelles … en sont elles pour autant moins essentielles ?
Sont ce ces liens tissés qui me font prendre peur et taire mes pensées.
De narrateur, mon blog est devenu blagueur.
Et je ne sais si je m’en satisfais.