Plus de portefeuille dedans, évidement.

Instinctivement je cours pour les rattraper, sans véritable espoir vu mes petites chaussures à talon, mais avec conviction quand même.
Et bien m’en a pris puisque j’en rattrape un au "composteur", qui vu sa corpulence ne parvient pas à passer sous la barre métallique du tourniquet.
Je m’adresse donc à lui, en prenant mon air le plus revêche
"Il est où mon portefeuille ?"
Je dois reconnaître qu’il reste très maître de ses nerfs, le môme … il se tourne vers le quai et appelle calmement son acolyte.
Ce dernier, très zen, remonte les marches et me rapporte le dit portefeuille, délesté des 30 euros d’espèce, mais contenant toujours mes papiers et ma CB.
"Et l’argent ?" ose je réclamer …
Et là, trop fort, il me regarde droit dans les yeux et écarte mollement les bras en signe d’ignorance.
A la fois estomaquée de tant d’aplomb, soulagée d’avoir récupéré le principal à mes yeux, et pressée par le temps, j’ai renoncé à menacer de les emmener au commissariat voisin.

Mais avec le recul, je regrette.
Ce n’était pas un service à leur rendre que de les laisser partir à si bon compte.
Peut être qu’une bonne petite "trouille" eut été salutaire …