Très chouette costume qui présentait toute fois le double inconvénient de ne pouvoir être enfilé au dernier moment dans l’ascenseur, et d’être suffisamment volumineux et encombrant pour devenir un réel handicape au volant.

Je me rappelle, entre autre, combien j’ais eu du mal à manœuvrer pour garer la fameuse R6 bleue.
Outre le costume, les places étant chers dans le quartier, nous avions longuement tournés dans les rues avoisinantes avant de nous résigner à me garer sur une place de livraison (Marc m’ayant assuré que les flics font la fête, eux aussi, et que «ça» ne risquait rien).

Je te passe les détails de la soirée pour en venir directement au fait :
il est 5 h, Paris s’éveille, et nous nous apprêtons à rentrer.
Sauf que la R6 n’est plus sur la place de livraison.

Je n’en reviens pas … je suis au milieu de la place de stationnement vide, les bras ballants, la tête creuse et le regard perdu.
"Ah tiens, elle est pas là ta voiture ?" C’est fou ce que ça peut être observateur un copain éméché.
"Ben elle est où ?" Et brillant question raisonnement aussi.
Léger regard circulaire autour de lui (ben tiens, dés fois qu’elle ait préféré se garer ailleurs).
"T’es sûre que t’étais garée là ?"
Evidement que je suis sure, elle était là … exactement là, sur la place de livraison.
"Y a pas idée aussi de se garer sur une place de livraison, ça sent la fourrière à plein nez"
Mais je vais le tuer ce mec ! C’est lui qui m’a dit de me garer sur cette place !
"J’t’ai sûrement pas dis d’te garer là, c’est une idée de gonzesse ça, de jeter sa bagnole n’importe où".
La mauvaise foi de ce type, j’y crois pas !

Je remonte donc chez notre hôte pour appeler le commissariat, histoire de vérifier si ma voiture a bien été embarquée, et de prendre l’adresse de la fourrière (je suis une nana assez pratique dans mon genre, même un 1er janvier à 5h du mat).

Sauf que … ma voiture n’a pas été embarquée par les flics !
«On est pas si sévère ma p’tite demoiselle, on va pas vous faire ça la nuit du nouvel an quand même» qu'il dit le gentil fonctionnaire de police.
"Tu vois, j’te l’avais bien dit" me souffle l’autre grand couillon de Marc, que si ça continue il va rentrer à pied (qu’il serait plus vite rendu d’ailleurs, soit dit entre nous).

«On» m’a volé MA voiture.
Je n’arrive pas à y croire (personne n’y croit d’ailleurs, vu l’épave).
«Mais tu es certaine qu’elle était garée là ?»
Mais ça me gonfle à la fin !

Oui, j’en suis certaine, je sais où je gare ma voiture quand même, ch’uis pas complètement neuneu. Marc était avec moi, il peut vous le confirmer (sauf que Marc, il ronfle sur le canapé).
Et les larmes d’énervement et de fatigue de déborder copieusement en constatant que je n’ai même pas de quoi me changer et que je vais devoir aller porter plainte au commissariat habillé en nuage blanc légèrement déplumé.

Me voici repartie, à pied, nuage de coton devenu gris, reniflante et larmoyante, en route vers le commissariat voisin, essayant de me remémorer l’immatriculation de ma R6 (parce que bien sûr j’ai laissé la carte grise dans le vide-poche de la voiture).

Et là ! Miracle … la petite R6 bleue est sagement garée ... sur une place de livraison, deux rues plus loin !

Je crois que je n’ai pas, ce jour là, participer à la bonne image des femmes sobres.

Et en plus, personne n’a jamais voulu croire qu’un individu mal intentionné à déplacer ma voiture.
Mais puisque je vous dis que je sais très bien où je l’avais garée … Zut à la fin !