Quand j’étais gamine, je comptais …
Je comptais dans ma tête, n’importe quoi.
Le dimanche à la messe, je comptais les petits vitraux de l’église.
Indéfiniment, inlassablement, je recommençais le compte : un, deux, trois, quatre …. Ça faisait passer le temps.
Peut importait le résultat, je comptais pour compter.

Souvent le week end, nous partions chez mes grands-parents, pour profiter du bon air de la campagne.
Sur un bout du trajet, nous passions par une route bordée de platanes, et chaque fois, je comptais les arbres qui défilaient.
Parfois, dans les embouteillages, nous n’allions pas assez vite, alors je comptais d’avance, jusqu’à l’horizon de ma vision, pour recommencer au premier platane que nous recroisions.

Je comptais tout, les lampadaires le long du chemin, les barreaux des grilles des jardins, les marches des escaliers, les livres dans une bibliothèque, les portes dans un long couloir, les fenêtres sur les façades d’immeubles, les carreaux d’un carrelage à motifs, toutes répétitions étaient source d’énumérations, mais pas d’inventaires, ça restait éphémère.

Je viens de m’apercevoir que je compte toujours, inconsciemment, je compte et recompte tout alignement.
Les séries, ça m’inspire, et sans même m’en rendre compte, je compte !