Pourquoi c’est toujours moi, celle qui doit être complaisante
Pourquoi je dois dire «amen» et toujours cacher mes larmes
Qu’est ce que j’ai de moins que les autres ?
Pourquoi je suis considérée comme celle qui accepte de subir?
Pourquoi c’est jamais moi qu’on décide de protéger, qu’on décide d’épargner.
Pourquoi c’est toujours moi qui dois accepter l’existence de l’Autre.
Quand j’avais le rôle de l’épouse, c’était la maîtresse qui primait.
Et quand j’étais femme de harem, j’avais le rôle de confidente, celle qui savait …
Pourquoi c'est moi qui doit savoir, pourquoi c'est pas à moi qu'on ment.
Je suis jamais celle qu’on choisit, jamais «celle qui»
J’ai pas tiré les bonnes cartes de la vie, dés le départ c’était faussé, dés ma naissance : "fichier caché".
Je suis celle qui remplit les trous, jamais la mère de leurs enfants.
J’aurais rêver d’être pour quelqu’un celle qui compte plus que «bien», celle qui donnerait sens à leur vie, j’aurais voulu une fois au moins ressentir c' qu’être aimé veut dire, être pour eux prioritaire dans les choix qu’ils font de leur vie.
Je suis pas de cette race là, je suis de celles qui doivent se taire, pleurer la nuit, sans faire de bruit.
Celles qui achètent par l’obligeance le droit d’exister dans leur vie, celles qui apprennent que la souffrance, ça doit rimer avec silence.
Je voudrais qu’on m’explique enfin pourquoi, moi je suis la pestiférée.
J’voudrais m’planquer dans un coin, pour hiberner jusqu’à ma fin.
Et même ces mots ça sert à rien, même pas à vider le chagrin.