Chaque année je trouve un excellent prétexte pour sécher.

Mais cette année, je me suis fait piéger, «ils» ont organisé «ça» chez Kat (donc chez moi en quelques sortes), sous le fallacieux prétexte que l’écran de télé est très grand. (oui mais le canapé est tout petit)

Ça me met pas de bonne humeur de pas pouvoir me défiler, faut bien l’avouer.

 

Kat ( ma colocataire et néanmoins amie), elle a convoqué tout le monde à 19h30, parce qu’elle dit que comme ça, à 20h, ils seront tous là. Et en effet, ils sont tous là … sauf la jeune première … qui sait ménager ses entrées en scène, et se faire désirer. (Faut dire aussi, qu’avec la concentration d’Ego au mètre carré, faut en faire des tonnes pour se faire remarquer).

 

Kat, elle a dit que chacun apporte son sandwich pour qu’on n’ perde pas de temps à dîner, et qu’elle (nous ?) se charge des boissons. Les mecs, disciplinés, y sont venus avec un sandwich … et une bouteille de vin chacun (parce que Kat, elle boit pas d’alcool, et que ça leur a fait peur).

Les filles sont venus avec plein de tupperware contenant des salades (parce que les sandwich ça fait grossir), du poulet, des fruits, du fromage et des cookies au chocolat (qui font pas grossir ?).

Et ça, Kat, ça l’agace, parce qu’elles veulent des assiettes, puis des fourchettes, puis des couteaux … les garçons veulent goûter  la salade … bref, on met les rallonges de la table et chacun s’installe autour pour dîner …

 

Vers 21h, le metteur en scène commence à s’agiter sur son fauteuil en osier (c’est dingue comme c’est sonore l’osier, j’avais jamais remarqué) … la jeune première n’est toujours pas arrivée, et vu l’ambiance arrosée, la «soirée cassette» se transforme en dîner de fin d’année.

Il décide de « commencer la cassette» parce que la pièce dure deux heures, donc avec les critiques (constructives ?) que nous n’allons pas manquer de faire, y sont pas partis, moi j’te l’dis !

Il (le metteur en scène) tente d’imposer une religieuse concentration, mais vu le nombre de cadavre de bouteille de vin, ça semble peine perdue.

Enfin, la jeune première nous fait l’honneur de sa présence (quelques minutes avant son entrée en scène, une telle précision ça s’improvise pas !) en clamant qu’il était inutile de l’attendre pour «lancer le truc» puisqu’elle n’est pas là au début de la pièce (au moins, on sait à quoi s’en tenir).

Elle se creuse une place à côté du metteur en scène … avant de s’évanouir en se découvrant sur l’écran : elle est énooorrrmmme ! C’est dingue ce que la télé déforme !

Et devant ma moue sceptique, elle insiste que  évidement, moi je me rends pas compte, vu que je suis déjà gross … euh pardon, ronde … (je vais me la faire la jeune première).


Et la voici qui commente chacune de ses répliques, et que là, elle a raté … et que cette autre intervention, elle l’a jamais faite correctement parce qu’elle la sentait pas (vu comme ça, c’est tout son texte qu’elle sentait pas alors) … et que cette réplique ci n’était pas compatible avec son personnage  … et combien c’est dur de se voir sur scène … (elle me gonfle, y a pas d’autre mot)

 

- Désolée si ma télé ne grossit pas le talent. (bon d’accord, c’est un peu violent, mais c’est sorti tout seul,  j’ai pas pu contrôler …
chaleur + mauvaise humeur = persifleur)