Aujourd’hui, on apprend la bataille. Pas la bagarre, le jeu de carte. Parce que la bagarre, Rafaël, il connaît déjà, mais la bataille, y connaît pas.

 

Et Rafaël, il aime bien jouer, enfin pour être plus précise, il aime gagner. Et pour être même complètement juste, c’est surtout qu’il aime pas perdre, mais alors pas du tout.

Et la bataille, c’est bien pour ça, parce que c’est plein de p’tits combats.

 

Il a bien compris les cartes, que le 10 est plus grand que le 4, il le sait bien du haut de ses quatre ans, que les dix ans sont des plus grands.

Que la Dame soit plus forte que le Valet, c’est déjà moins acceptable, parce que « les garçons sont plus forts que les filles », qu’il m’explique … l’apprenti macho. On en a longuement débattu, et après maintes discussions, il a accepté la supériorité de la Reine sur le Valet parce que « c’est une maman ».

Mais sa carte a lui, c’est l’As. Il l’a tout de suite repéré celle là, il l’affectionne particulièrement : c’est la carte des gagnants.

Alors il distribue les cartes avec application, une carte pour Pkdille, une pour lui … il les trie bien gentiment, un 2 pour Pkdille, un As pour lui … et quand les deux paquets sont finis, il me confie magnanime : « tu sais, je t’ai mis un As, quand même ».

 

Rafaël, il a très bien compris que pour gagner, il suffit d’avoir les bonnes cartes en main.