Je t’explique.

Mardi, je passe la journée à l’hôpital. Je ne vais pas te cacher que j’y vais à reculons (mais je dois pas reculer dans le bon sens, parce que je fini toujours par y arriver quand même).


J’arrive à 9h, petit bonjour aux deux infirmières que je commence à bien connaître, (d’ailleurs, je commence à connaître un peu trop de monde à mon goût dans cet hôpital … j’ai droit à plein de sourires sur mon trajet, entre les infirmières, les internes, et le personnel administratif).

On papote un peu tandis qu’elles m’installent, et font les vérifications préliminaires. 

L’interne me pose les questions d’usage, constate que je suis toujours sévèrement anémiée malgré les piqûres de dopage hebdomadaire et les traitements de remise en forme, et note soigneusement toutes mes doléances concernant les effets secondaires (les ponctuant d’un « c’est normal » assez agaçant).

La dernière fois, il m’a avoué qu’il aimait bien venir me voir : s’entretenir avec une patiente souriante lui remonte le moral (noter d’être moins souriante, faudrait pas qu’il envisage de prolonger mon traitement sous prétexte que c’est bon pour son moral.)

Une fois qu’il considère que je suis apte à subir la séance de chimio, l’infirmière pose l’aiguille. Là, une explication s’impose :

Au début du protocole, en novembre, on m’a posé un port à cath. Une espèce de petit boîtier réservoir  qui est placé sous la peau et raccordé à un tuyau (le cathéter) placé dans la veine jugulaire.

A chaque chimio, on place dans le réservoir une grosse aiguille bizarroïde en angle droit (ne pas regarder l’aiguille, rien qu’ de la voir, on a mal), aiguille qui va permettre de faire les perfusions.

Commence alors la valse des « poches ».

J’entends par là, tous les produits qu’on m’injecte avant la chimio elle-même, et qui ont pour but d’atténuer les effets « non souhaités et gênants ».  (Bel euphémisme)

Deux  anti-nauséeux, du calcium, du magnésium …

Puis vers 13h, la première poche de chimio, l’oxaliplatine. Perfusion qui dure deux heures environ. Viens ensuite une petite poche de fluorouracile.

Vers 15h30, on branche la pompe que je vais garder 48h (donc jusqu’au jeudi 16h) et qui va diffuser du fluorouracile à raison de 2ml par heure.

J’ai une ravissante petite banane noire, dans laquelle se range la dite pompe, qui me permet de vaquer à mes occupations (qui consistent en gros à rester vautrée dans le canapé avec mon amie la bassine).

On vient de me débrancher la pompe. Il me reste onze jours pour récupérer avant d’attaquer la chimio suivante.

Et comme c’est mon anniversaire demain, j’ai bien l’intention d’en profiter !!!