Ça m’a toujours inquiété ce genre de chose … que je puisse être assassinée et que mon corps ne puisse pas être identifié.

Bon, évidemment, si le corps est retrouvé vite, quelqu’un finira bien par me reconnaître.

Mais, mon homme, questionné sur le sujet, il a dit qu’il s’inquiéterait de mon absence au bout de trois ans, alors ça risque d’embrouiller l’enquête.

Identifier un corps putréfié, c’est pas aisé.

 

Imagine, en plus, que le tueur soit un  Jivaros réducteur de tête ! (si, c’est possible, un serial killer réducteur de tête).

Privé de tête, mon corps est il identifiable ?

 

Bon, je vais te laisser quelques signes distinctifs au cas où tu entendrais parler d’un cadavre non identifié (prend des notes, parce que je voudrais pas que tu me confondes avec un autre corps non identifié quelconque).


Alors déjà, je mesure 168 cm (avec la tête, sans la tête je sais pas, faudrait que je mesure pour te dire) et je fais du 36 (je parle des pieds, j’aimerais bien faire du 36 question taille de vêtement, mais vise plutôt un grand 40) et je suis blanche de peau.

Ensuite, sur le pied droit j’ai un tatouage tahitien représentant une tortue stylisée

Et sur la cheville droite, un tatouage de margouillat.

Sur le ventre, j’ai une énorme cicatrice verticale de 19cm et une autre sur le côté droit au niveau de la ceinture (mais ça, je crois que tu le sais déjà).

Ça fait déjà pas mal de signes distinctifs qui permettent de m’identifier, même si je suis victime d’un Jivaros réducteur de tête, non ?

 

Bon évidemment, ça se corse si je tombe sur un tueur à la tronçonneuse qui me découpe en petits morceaux et qui les répand un peu partout.

Parce que si on retrouve ni ma tête, ni mon pied droit, ni mon ventre (ce qui serait pas d’chance, faut bien l’dire, mais sait on jamais) ça devient plus compliqué.

Si on retrouve une de mes mains, y aurait bien mes empreintes digitales, sauf que j’suis pas fichée.

Ou alors aux Etats-Unis, chaque fois que je fais escale à Los Angeles. Donc, si on retrouve une de mes mains aux USA (peu probable, je l’avoue), j’ai une chance d’être identifiée.

Ou alors, peut être que leur fichier des voyageurs allochtones faisant escale sur le territoire américain, est communiqué à Interpole, vu qu’c’est sûrement pour lister les délinquants terroristes étrangers. (Mais je doute).

J’me ronge les ongles, c’est faible comme signe distinctif, mais ça peut servir.

En revanche, mon groupe sanguin est O rhésus négatif, et on est que 9% de la population française a être dans ce cas, donc sachant qu’on est 59 229 000 français en métropole, dont 51,7 % sont des femmes et dont 27,6 % ont entre 40 et 59 ans, je me demande combien de femme de la quarantaine sont O-  (environ 761 000, ça réduit pas mal les possibilités quand même, on devrait finir par m’identifier au bout de quelques années, non ?.

 

Soudain, j’y pense, et si le tueur, trop feignant pour me découper à la tronçonneuse, brûle mon cadavre ? Pas d’chair, pas d’sang … que des cendres et des os.
Alors là, ça devient carrément vain cette tentative d’identification.
J’ai bien une clavicule qui a été cassée en 2004, mais je m’ souviens plus laquelle (ça aide pas).

Pire … si le tueur est cannibale, genre Albert Fish, t’imagines ? Faudrait l’autopsier lui pour identifier mes bouts de cadavre : l’horreur !

Tu vois, pour être correctement identifié, faut bien choisir son tueur …
on y pense pas assez à ces choses là.