Je ne me demande pas pourquoi ce foutu cancer m’est tombé dessus.

Je ne l’ai jamais pris comme une punition divine, un mauvais coup du sort, ou l’infortunée destinée.

C’était une épreuve de la vie, comme d’autres vicissitudes que j’ai du traverser, pas la pire, pas la moindre non plus.

Mais je ne me suis jamais questionnée sur le « pourquoi moi ? ».

 

C’était peut être du à une vie trop stressée, une alimentation mal adaptée, ou je ne sais quels excès …

C’était peut être écrit dans mes gènes, ou peut être pas, je le saurais prochainement.

Mais qu’importe, finalement.  C’est arrivé, et voilà tout.

 

Je ne me sens ni coupable, ni victime.

 

J’en garde des traces indélébiles sur, et dans, mon corps.

Des cicatrices qui rappellent mes batailles, des mauvais souvenirs qui s’estompent déjà mais qui  laissent des séquelles au quotidien qui ne guériront pas.

Malgré tout, je n’ai ni récriminations, ni sentiment d’injustice.

 

J’ai été mal et j’ai eu mal, et je ne répéterais jamais assez combien la pompe à morphine est mon amie. Mais je n’ai pas été malheureuse, tout au contraire. J’ai été rassasiée d’amour et j’ai appris à recevoir et à accepter l’affection qu’on me porte.

J’ai découvert aussi que je suis forte, et là je ne parle pas de ma surcharge pondérale  :-) , mais de résistance et d’énergie.

Et même si aujourd’hui je n’ai pas encore la certitude d’être guérie, j’ai mûri de cette maladie, mon regard sur la vie a changé aussi : c’est peut être qu’il s’agit de survie.