Mon homme à moi, il avait depuis un pt’it moment déjà, envie de faire de l’accrobranche avec son fils.

Et justement, tu vas pas me croire, mais à 5mn à peine de notre lieu de villégiature, un site proposait un « parcours aventures » permettant d'évoluer entre ciel et terre (sic), et ce, à partir de 3 ans.

 

Rien qu’à lire le descriptif, je sentais que j’allais être humiliée, et qu’à défaut d’aventure, j’allais plutôt vivre un véritable parcours du combattant.

Mais, ayant perdu mon sens du ridicule depuis belle lurette, j’ai suivis, avec un enthousiasme (plutôt mesuré), mes deux Tarzans en herbe.

 

Déjà, autant l’avouer tout de suite, le costume est pas sexy.

Tu te retrouve avec une espèce de harnais qui fait jaillir tes fesses et comprime ta taille, dévoilant un ventre proéminant, plus deux mousquetons qui pendent à l’entrejambe.

(Je m’sens pas vraiment à mon avantage).

 

On assiste à un petit quart d’heure de conseils avisés en matière de sécurité (qui se réduit au bon usage des mousquetons dont nous sommes affublés), et en route pour … le parcours « jaune ».

Oui, parc’que l’accrobranche, c’est comme le ski, y a des couleurs en fonction du niveau de difficulté.

Jaune pour les enfants, vert pour les parcours faciles, bleu pour les moyennement ardus, rouge pour les difficiles, et noir pour les coriaces.

 

Donc, moi, tout de suite, tandis que le père s’élance à l’assaut des branches bleues, j’accompagne prudemment son fils sur le parcours jaune, histoire de me faire une idée précise de ce qui m’attend.

Et c’est qu’il s’en sort très bien, le bougre !

Concentré sur ses mousquetons, il survole aisément le dit parcours sans manifester un quelconque effort.

Forcément, tu te dis que si le petit de bientôt cinq ans assure pleinement, tu devrais t’en sortir honorablement sur le "bleu".

 

Mais … (et oui, y a un « mais ») c’était compter sans les méfaits de la chimio :
j’ai plus de bras, c’est de la « gnognotte ».

Alors, quand je me suis trouvée, à deux mètres de haut, face à un « skate des arbres * », inutile de faire durer le suspens : j’ai chu. (logique, je tiens déjà par sur le skate quand il est à terre, alors dans les airs, je te laisse imaginer)

Et même, magistralement chu, suspendu dans le vide, le skate loin devant, la tyrolienne loin derrière, et moi dans l’impossibilité de remonter, à la force des bras que je n’ai plus, sans l’intervention d’un moniteur.

Il a dit qu’il avait jamais vu « ça » de toute la saison, l’instructeur, et ça m’a moyennement fait plaisir d’être l’attraction du parcours. Il tenait absolument à m’envoyer sur le « rouge », sous le fallacieux prétexte qu’après les acrobaties qu’il venait de voir, il ne doutait pas que j’ai le niveau (sauf que je le soupçonne d’avoir plutôt envisagé de se divertir un peu à mes dépens).

Résultat de l’aventure, (en dehors d’une fierté meurtrie) un énorme bleu de 20 cm de diamètre sur le bras gauche, un autre en forme de morsure de vampire sur le bras droit, un petit en forme de cœur sur l’avant bras, et un jean neuf troué sur la fesse.

Début novembre, mon homme, il va sauter en parachute … tout seul.

 

* un skate, associé à une tyrolienne, sur lequel tu es normalement censé glisser sur deux câbles, d’un arbre à un autre … je dis bien normalement.